Enfance

L'enfant ne peut pas attendre, son nom est AUJOURD'HUI. G. Mistral

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mardi 10 mai 2011

Filtre d'Am Our

Guy Gresser

Peu à peu, s'active la paix
Sous l'effet de l'impalpable étrangeté

Elle s'infiltre comme un élixir
  chez le méditant dans sa tirelire

Cet être à genoux hier incompris
Elle le transfigure dans l'harmonie

Quand l'ignorance, la haine et la cupidité
Ont pu l'habiter ou l'abîmer
Dans les flots du chaos déchaînés

Doucement, l'humain s'en relève guéri
Par l'Amour sans borne au Paradis

Tout ce qu'il fera après
Sera fait dans la clarté
En concorde d'une nouvelle volonté

Claire M
                                     


Jésus disait
Lorsque vous ferez le deux Un
Et que vous ferez l'extérieur comme l'intérieur
L'intérieur comme l'extérieur
Le haut comme le bas
Lorsque vous ferez du masculin et du féminin un Unique
Afin que le masculin ne soit pas un mâle
Et que le féminin ne soit pas une femelle
Lorsque vous aurez des Yeux dans vos yeux
Une Main dans votre main
Un Pied dans votre pied
Une Image dans votre image
Alors vous entrerez dans le Royaume...

dimanche 8 mai 2011

Conquête de soi

A force d'expériences et d'apprentissages
J'ai découvert la simplicité du sage

Celui qui lit dans la flamme du regard
Le mensonge de l'être dans son art
Jonglerie entre personnalités bi-polaires
Du petit enfant libre au parent autoritaire
De la violence contenue à la violence manifestée
Il n'est qu'un pas, celui de sa propre vérité
Sur le chemin vers la paix

Un jour bien ordinaire
Le basculement s'opère

Au détour d'une relation particulière
Il apprend à expulser ses émotions passagères

Sans ne plus se faire de mal à lui
Sans ne plus affecter l'autre de son envie

Il a pardonné tout en se pardonnant
D'être resté à lui même si absent

Et il est devenu complet
Émerveillé de sa propre beauté
 Il a conquis le respect

Claire M


Les humains sont tous magnifiques !


Amour, humour et rire chaque jour !

LE RIRE INTÉRIEUR
Rire à gorge déployée
N'est pas toujours possible
Car les gens sérieux s'offusquent
Ils crient au blasphème
Quand le rire est trop visible
Mourir de rire
Est vraiment prématuré
Si vous souhaitez
Sur notre bonne terre
Encore un peu rester !
Le fou rire est interdit
Dans les milieux bien-pensants
Et rire aux larmes
N'a pas bonne presse
Chez les notaires et les juges
Les prêtres et les docteurs
Les gendarmes et les professeurs
Alors que faire ?
Renoncer à rire ?
S'enraidir dans un monde de glace ?
Se durcir le coeur ?
Sombrer dans le malheur ?
Non, si le rire est mal vu
Trop joyeux pour les morts-vivants
Il vous reste le rire intérieur
Léger, discret, passe-partout
Il s'adapte à tous les milieux
Cultive votre bonne humeur
Et régénère vos cellules à toute heure
Sentez-le jaillir
Comme une source
Au fond de votre coeur
Et laissez-le couler
Par votre sang
Dans tout votre corps
Si vous avez de la peine
A ressentir cette fontaine de Jouvence
Commencez le matin au réveil
Par une séance de rire sans raison
Vous inspirez puis expirez en saccades
En faisant ha, ha, ha
Ou hou, hou, hou
Ou encore hi, hi, hi
A votre guise
Laissez le rire vous secouer
Et continuez
Pendant dix bonnes minutes
Ainsi sera mise en activité
Pour toute la journée
Votre source privée
De rire intérieur spontané
Et vous vivrez dans la gaieté
Avec des grelots qui dansent et chantent
Dans le coeur
Des courants de vitalité
Qui parcourent le corps
Et des flots d'idées inspirées
Qui ruissellent de votre âme
Pour vous guider
Vers la jeunesse sans fin
Des vallées du bonheur
Qu'irriguent les sources
Du rire intérieur
Dr Christian Tal Schaller 

Ce poème est un baume à appliquer chaque matin. 
Gratuit, puissant anti stress, il garantit l'immunité et la jeunesse.

samedi 19 février 2011

"Le mal qui couve paraît miel pour le sot" Dhammapada

Nous sommes de plus en plus nombreux à considérer la supercherie de certaines pratiques déclarées "éveil du 3ème millénaire" comme étant un danger pour notre humanité ; celui d'une quête spirituelle déviée pour ne pas dire dévoyée qui se réclame de l'amour inconditionnel, du temps présent, voire de pouvoir cosmique. 

Quelques observations :

  1. Le temps présent est passé à l'instant même où nous le déclarons. 
  2. L'amour inconditionnel couvre souvent de bien tristes délits passés d'où l'amour fut totalement absent. Tout en sauvant les apparences, il prend des allures de pouvoir égotique et  souverain, donneur de leçon, qui divise l'humanité sur des critères d'énergie, de vibrations, d'amour en somme.
  3. Quant au pouvoir cosmique auquel se réfère quelques "graphomanes", il est plus souvent le fruit du dépit qu'inspiré par la source de l'amour. 

Comme un doux mélange qui prend à la surface des savoirs (traditions, religions, ésotérisme, sciences et culture), quelques  ingrédients succincts ; ces pratiques nous présentent une recette du bonheur prête à l'emploi en échange de monnaie, au nom d'une prétendue connaissance supérieure.  Manipulation ?


Ainsi va l'évolution des mœurs : de l'image du bonheur que véhiculent certaines publicités au sujet de produits marchands, s'en vient le sens du bonheur où le produit est directement la chair du vivant (la femme et l'homme désaffectés, "dés-enamourés"). Si les moyens diffèrent, les enjeux à première vue, restent les mêmes : gagner de l'argent ! 


Sauf que, la permissivité donnée à ces étranges manières d'en gagner suffisamment pour laisser croire à une auto-suffisance, nous interroge sur une autre tactique : Ce "progrès" n'exhorte-t-il pas la régression identitaire d'une majorité. Qui manipule ?

En réalité, ce courant de pensée signe l'anesthésie de l'esprit quand il lui serait réclamé de s'apurer par un examen scrupuleux de conscience pour s'ouvrir à la compassion universelle, à l'humilité et au respect des autres personnes et de la nature.

Le chemin spirituel n'est pas celui de la facilité ni celui du mensonge à soi. Il est ardu, silencieux, solitaire et irreproductible, exclusivement entraîné par la parole de sagesse, au fil de nos épreuves, au seuil des phénomènes de la Vie. 


Les sages ont tout dit ! Instruisons-nous et soyons vigilants... là est la transcendance, nulle part ailleurs.

Claire M

On ne peut comprendre la vie qu’en regardant en arrière ; on ne peut la vivre qu’en regardant en avant. Soren Aabye Kierkegaard 


Comme ces fleurs pleines d’atours
Exhalant un parfum gracile
Les beaux discours
Traduits en actes sont fertiles.
Stances de Dhammapada 
 

jeudi 17 février 2011

Soigne ta pensée


§1.
La pensée conditionne les choses
     Pour l’essentiel elles sont pensées,
     Faites de pensées.

§2.
Agis et parle avec une pensée malhabile
     Et la souffrance suit inexorablement
     Comme le char suit le bœuf.

§3.
La pensée conditionne les choses
     Pour l’essentiel elles sont pensées,
     Faites de pensées.

§4.
Agis et parle avec une pensée habile
     Et le bonheur suit assurément
     Comme l’ombre suit le promeneur.

§5
« Il m’a injurié, battu, vaincu et volé !»
     Qu’on s’attache à ces pensées
     Et la haine s’enflammera.

§6
« Il m’a injurié, battu, vaincu et volé !»
     Qu’on se détache de ces pensées
     Et la haine s’éteindra.

§7
En ce bas monde
     La haine n'apaise jamais la haine.
C'est une vérité profonde :
     L’amour seul apaise la haine.

§8
Plusieurs ne réalisent pas
     Qu'il faut se maîtriser ici-bas.
Pour ceux qui réalisent cela
     La querelle s’apaisera

§9
Ceux que les plaisirs obsèdent,
     Les gloutons, oisifs, léthargiques
     Que les sens dominent,
Ils seront vaincus par les mirages de l’existence
     Comme les arbrisseaux par le vent.

§10
Ceux que les souffrances n’affolent pas,
     Les frugaux, fidèles, énergiques
     Qui dominent les sens,
Ils résisteront aux mirages de l’existence
     Comme les rocs sous le vent.

§11
Qui endosse la bure
     Mais ignore modération, sincérité, et pureté
Souille son habit.

§12
Qui endosse la bure
     Et connaît modération, sincérité et pureté
Honore son habit.

§13
Ceux qui voient le superflu dans l’essentiel
     Et l’essentiel dans le superflu
N'arrivent jamais à l'essentiel.
     Ils paissent dans le champ des idées fausses.

§14
Ceux qui voient l’essentiel dans l’essentiel
     Et le superflu dans le superflu,
Arrivent à l’essentiel.
     Ils paissent dans le champ des idées justes.

§15
De même que la pluie envahit
     La maison au toit percé,
Ainsi l’obsession envahit
     Le cœur non entraîné.

§16
De même que la pluie épargne
     La maison au toit étanché,
Ainsi l’obsession épargne
     Le cœur bien entraîné.

§17
Ici-bas, du chagrin
     Au-delà, du chagrin
Le malfaisant est chagriné
     Dans les deux mondes.
Voyant la laideur de ses actions
     Il se chagrine.

§18
Ici-bas, de la joie
     Au-delà, de la joie
Le bienfaisant est joyeux
     Dans les deux mondes.
Voyant la beauté de ses actions
     Il se réjouit.

§19
Ici-bas, des tourments
     Au-delà, des tourments.
Le malfaisant est tourmenté
     Dans les deux mondes
La conscience de ses méfaits le tourmente
Et engagé dans cette voie
     Il se tourmente davantage.

§20
Ici-bas, des ravissements
     Au-delà, des ravissements
Le bienfaisant est ravi
     Dans les deux mondes.
La conscience de ses bienfaits le ravit
Et engagé dans cette voie
     Il se ravit davantage.

§21
Qu’importe la récitation répétée des écritures
     Si le négligent ne les pratique pas ?
Il est comme un bouvier comptant les vaches d’autrui.
     Il ne participe nullement à la quête spirituelle.

§22
Quiconque ne récite qu’une fois les écritures
     Mais pratique avec vigilance et liberté de cœur
     Se défaisant de l’avidité, l’aversion et l’aveuglement
     Sans agripper ni l’Ici-bas, ni l’Au-delà,
Celui-là participe pleinement à la quête spirituelle.

Stances du Dhammapada traduites par Alexandre Brassard Desjardins

jeudi 3 février 2011

Sagesse

Pourquoi devrais-je réaliser quoi que ce soit ? j’ai tout simplement à être, à vivre, à tenter d’atteindre une certaine humanité. On ne peut tout dominer par la raison, laissons donc les fontaines du sentiment et de l’intuition jaillir un peu elles aussi.
Seul le savoir qui mène à la sagesse vous apporte le bonheur, en tout cas me l’apporte à moi, et non celui qui mène au pouvoir. Un peu de calme, beaucoup de douceur et un peu de sagesse, quand je sens cela en moi, je vais bien.
Voilà ce que doit être l’objectif final : conquérir soi-même une grande simplicité intérieure, mais comprendre jusque dans ses plus fines nuances, la complexité des autres.
Notre unique obligation morale, c’est de défricher en nous-mêmes de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu’à ce que cette paix irradie vers les autres. Et plus il y a de paix dans les êtres, plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition.
La connaissance c’est le pouvoir, mais seule la sagesse est liberté
Extraits du livre : Les écrits d’Etty Hillesum

samedi 29 janvier 2011

Spiritualité intégrée

Opposer ce qui fait partie intégrante de nous est jouer avec la dualité et manipuler... Le coeur n'a pas plus d'importance que l'esprit, lorsque les deux sont connectés, à la lumière de la conscience, ils prennent leur sens... Le corps suit et l'être poursuit son évolution... Philippe Vekens

mercredi 5 janvier 2011

Liberté

L'élément tragique pour l'homme moderne, ce n'est pas qu'il ignore le sens de sa vie, mais que ça le dérange de moins en moins.
Vaclav Havel


Aller vers...

Partage de Diane pour www.artsdeleveil.net
Traduction réalisée par Kathy
Mise à disposition par Avi pour www.etreplus.fr
Avec mes plus chaleureux remerciements


En quelque circonstance que tu te retrouves,
demeure comme une ile au milieu des vagues,
comme une montagne au milieu des nuages.

vendredi 31 décembre 2010

Gammes empruntées

Mon Dieu, je vous en prie, écoutez moi.
Je ne Vous demanderai pas ce que les autres Vous demandent,
Je ne vous demanderai pas la Santé du Corps, celle de l'Esprit,
Celles qui font tant de bien et procurent la Paix,
Celles-la, tout le Monde Vous les demande,
Donnez-moi ce qu'il Vous reste,
Ce dont personne ne veut,
Donnez-moi la Force et le Courage d'aller vers les Autres et de les Aimer
Car Vous êtes généreux, Ô mon Dieu,
Vous êtes le seul a donner ce que l'on obtient que par soi-même.
Saint François d'Assises 



mercredi 29 décembre 2010

Pure intention - Transparence

LIEN
De l'ignorance dépend le karma.
Du karma dépend la conscience.
De la conscience dépendent le nom et la forme.
Du nom et de la forme dépendent les six organes des sens.
Des six organes des sens dépend le contact.
Du contact dépend la sensation.
De la sensation dépend le désir.
Du désir dépend l'attachement.
De l'attachement dépend l'existence.
De l'existence dépend la naissance.
De la naissance dépendent la vieillesse et la mort, la tristesse, les lamentations, la misère, le regret et le désespoir.
Ainsi les agrégats de misère découlent l'un de l'autre.

LIBÉRATION
Par la dispersion et la cessation de l'ignorance cesse le karma.
Par la cessation de karma cesse la conscience.
Par la cessation de la conscience cessent le nom et la forme.
Par la cessation du nom et de la forme cessent les six organes des sens.
Par la cessation des six organes des sens cesse le contact.
Par la cessation du contact cesse la sensation.
Par la cessation de la sensation cesse le désir.
Par la cessation du désir cesse l'attachement.
Par la cessation de l'attachement cesse l'existence.
Par la cessation de l'existence cesse la naissance.
Par la cessation de la naissance cessent la vieillesse et la mort, la tristesse, les lamentations, la misère, le chagrin et le désespoir.
Ainsi la chaîne entière des agrégats de douleur cesse.
Le Bouddha, - Samyutta Nikaya, xxii ( d'après la traduction de H.C. Warren ).


LES CINQ OBSTACLES
Il y a cinq obstacles dans la Discipline du Très Noble qui sont appelés " voiles ", et sont appelés obstacles, empêchements et embarras :
1/ L'obstacle du désir luxurieux
2/ L'obstacle de la malice
3/ L'obstacle de la paresse et de l'indolence
4/ L'obstacle de la fierté et de l'égoïsme
5/ L'obstacle du doute
Le Bouddha, Tevigga Suttanta, i.30


Lorsque les 5 obstacles ont été affrontés et dépassés
La maitrise et la force sont conquises
Le coeur est sorti de sa cage
Pour s'unir en vérité.

vendredi 24 décembre 2010

Emotions ou Valeurs ?

Nous connaissons par cœur les émotions de base universelles que sont :
La joie
La tristesse
La colère
La peur
La surprise
Le dégout



Auxquelles se sont ajoutées les 6 émotions des temps modernes :
L' avarice
La gêne
L' ennui
La dépression
La jalousie
L' amour inconditionnel

Celles qui animent de plus en plus d' ami(e)s et nous rassemblent,
Devenant les valeurs de nos enfants,
La Lumière plus forte que les ténèbres
Nous avons le choix
De nourrir celles la.
Quelles sont elles ?

ÉLÉVATION
N'avez- vous jamais senti un picotement a la gorge, une chaleur dans la poitrine, des larmes de joie, des sentiments étouffes ?...
Ces effets indiquent que le nerf vague libère l'hormone appelée ocytocine...
Cette hormone genere chaleur, calme ; elle libère le l'air maternel chez la mère; elle adoucit les traits, les sourcils poses, comme si la personne était triste, sans que cela soit ici. Elle donne envie (et non donner de l argent a une oeuvre de charite...) de toucher, d' étreindre, d' être plus ouvert et confiant avec l autre...
Cette émotion est rare, mais si je demande a une personne de se rappeler d' une expérience la plus chère à toute sa vie, l' élévation figure au top 5.
Cette émotion se travaille (méditation)
Elle est essentielle dans notre monde pour renforcer ou réparer les relations personnelles.

CURIOSITÉ
Tête penchée, front plissé, le but de la curiosité (l' intérêt) étant d' accroitre les connaissances pour soi même.
Cette émotion fait contrepoids à l'anxiété et à la peur.
Selon certains experts, attention aux excès :
Une peur excessive peut générer une anxiété chronique...
Trop de curiosité peut conduire à des comportements compulsifs...
Naturellement curieux, nous passons beaucoup de temps et de matière grise aux choses qui nous intéressent.
Le pouvoir réel de la curiosité réside dans la capacité à savoir apprendre et non être accablé par la surcharge d' informations à en devenir anxieux.

GRATITUDE
Elle est culturellement ancrée. Elle reconnait et rembourse en bienfait. Le sentiment de reconnaissance est un signal que nous devons apprendre à connaitre de mieux en mieux pour notre futur.
Dans une relation amoureuse, la gratitude est essentielle a promouvoir un cycle positif de donner et prendre, en créant une spirale ascendante de la satisfaction dans la relation.
Au sens plus large, la gratitude nourrit les relations de haute qualité : "c est bon pour la SANTE".
Cultiver la gratitude, c' est permettre l' accroissement de l' harmonie sociale,
Moins de violence,
Moins de déchets sauvages,
Moins de gaspillage des ressources.

ORGUEIL
L' émotion aux 2 visages :
L' orgueil (vanité, arrogance). Le pire des 7 péchés capitaux
La fierté ou l' estime de soi
L' orgueil selon l' anthropologue Joe Henrich, est basé sur la domination et souvent observé ches les primates non humains ou les plus gros les plus forts sont vénérés car ils pourraient submerger ou tuer d' autres.
Chez l homme, c' est le petit dur sur un terrain de jeu, futur petit chef officieux.
A l' orgueil sont associés l' agression, l' excès de confiance.
Il se reconnait à :
La tête penchée vers l' arrière, les bras ouverts, la vue aussi large que possible, un léger sourire rampant.
La fierté en revanche est le prestige qui attire respect du pouvoir acquis par la connaissance ou la compétence.
La fierté s' associe avec la réalisation, le travail acharné et le comportement altruiste. Elle nous motive à bien faire.
Pour faire l' expérience de la fierté, il faut une conscience de soi et la capacité à s' auto évaluer.
L' orgueil est inné, la fierté est savante.

CONFUSION
Rides au front, yeux plissés, lèvre serrée
Clef du changement !
C' est le signal donné par notre cerveau qui nous indique que notre représentation mentale du monde est erronée ou insuffisante.
Elle nous invite :
Soit à nous retirer
Soit à porter notre attention
Soit à modifier notre stratégie d' apprentissage
La confusion sert à apporter de nouvelles connaissances.
Elle encourage les relations sociales.

Pour finir dans l' enchantement de notre évolution, il est un langage universel des émotions ; ils sont des noms subtils a méditer :
Sandade (portugais) : sentiment profond et spectaculaire pour quelqu' un ou quelque chose
Fiero (italien) : l' orgueil satisfait dans la réalisation de quelque chose juste pour soi même
Amae (japonais) : doux sentiment d' être dépendant de quelqu'un d' autre
Naches (yiddish) : la lueur du plaisir fier que seul un enfant peut donner à ses parents
Schadenfreude (allemand) : le sentiment que vous éprouvez lorsque vous apprenez que votre pire ennemi a subi un revers

jeudi 15 juillet 2010

Fais à autrui ce que tu voudrais qu'il te fit

La meilleure religion est celle qui te rapproche de Dieu. C'est celle qui fait de toi une meilleure personne.

Tout ce qui te remplit de compassion,
te rend plus sensible,
plus détaché,
plus aimable,
plus humain,
plus responsable,
plus respectueux de l'éthique.
La religion qui fera tout ça pour toi, c'est la meilleure religion.

L'important, c'est la façon dont tu agis avec les autres, ta famille, tes collègues de travail, ta communauté et devant tout le monde. Rappelle-toi que l'univers est l'écho de nos actions et de nos pensées.

La loi de l'action et réaction n'est pas exclusive à la physique. Il s'agit aussi de nos relations humaines.
Si j'agis avec bonté, je recevrai de la bonté.
Si j'agis avec méchanceté, je recevrai de la méchanceté.
Ce que nos grand-parents nous ont dit est la pure vérité : Tu recevras toujours ce que tu souhaites aux autres.

Être heureux n'est pas une affaire de destin, c'est une affaire d'options ou de choix.

Prends soin de tes PENSÉES parce qu'elles deviendront des MOTS.
Prends soin de tes MOTS parce qu'ils deviendront des ACTIONS.
Prends soin de tes ACTIONS parce qu'elles deviendront des HABITUDES.
Prends soin de tes HABITUDES parce qu'elles formeront ton CARACTÈRE.
Prends soin de ton CARACTÈRE parce qu'il formera ton DESTIN.
Et ton DESTIN sera ta VIE.
Et
Il n'y a pas de religion plus grande que la VÉRITÉ.

D'après entretien Dalaï Lama et Leonardo Boff, rénovateur brésilien de la théologie de la liberté.

mercredi 30 juin 2010

Parole de Femme contre l'esclavage et l'obscurantisme

Texte de Djemila Benhabib, lu devant les sénateurs palais du Luxembourg à Paris 13 novembre 2009
MISSION PARLEMENTAIRE SUR LE VOILE INTEGRAL

par Djemila Benhabib, auteure d'un ouvrage critique

Mesdames les sénatrices, Mesdames les présidentes, Mesdames et messieurs les dignitaires, Chers amis,

Merci mille fois de ce grand honneur que vous me faites, aujourd'hui, de me consacrer parmi les Femmes debout et de permettre à ma voix, celle d'une femme de culture musulmane féministe et laïque de résonner dans cette prestigieuse institution de la République..

Merci à vous, mes amies de Femmes solidaires et de la Ligue du droit international des femmes pour votre travail acharné, permanent et indispensable que ce soit dans les quartiers, auprès des femmes victimes de violences et discriminations, des sans papiers ou encore au sein des politiques et des instances onusiennes. C'est dire que c'est ici, localement que prend racine le travail pour les droits des femmes pour se répercuter à l'échelle internationale. C'est dire aussi que la Marche des femmes pour la liberté et l'égalité est une et indivisible. Lorsqu'une femme souffre dans un quelconque endroit de la planète, c'est notre affaire à toutes et à tous.

Merci de nous faire sentir de mille façons que nous sommes les maillons d'une même chaîne.

Voilà encore quelques années, je n'aurais jamais imaginé que ma vie de femme, que ma vie de militante serait si intimement liée au féminisme et à la laïcité.
Je vous surprendrai peut-être en vous avouant que je ne suis pas devenue féministe en tournant les pages du /Deuxième Sexe/, ni en me plongeant dans ce magnifique roman d'Aragon /Les Cloches de Bâle/, où il était question entre autres de Clara Zetkin et de Rosa Luxembourg, deux figures de proue du féminisme et de la paix dans le monde.

Je ne suis pas devenue laïque en m'abreuvant de Spinoza, de Ibn Al-Arabi, de Descartes, de Ibn Khaldoun, ou de Voltaire, mon maître. Absolument pas.

J'aurais pu tourner mon regard ailleurs pour me perdre dans cette enfance si heureuse que j'ai eue dans une famille généreuse, cultivée, ouverte sur le monde et sur les autres, profondément engagée pour la démocratie et la justice sociale. J'aurais pu m'égarer dans la beauté de cette ville qu'est Oran où il faisait si bon vivre au bord de la mer. Cette ville qui a propulsé la carrière littéraire d'Albert Camus, avec son célèbre roman /La peste/, jusqu'au Nobel de littérature. J'aurais pu ne rien voir, ne rien entendre des brimades, du mépris, des humiliations et des violences qu'on déversait sur les femmes. J'ai choisi de voir et d'écouter d'abord avec mes yeux et mes oreilles d'enfant.
Plus tard, j'ai choisi de dire les aspirations de toutes ces femmes qui ont marqué ma vie pour que plus jamais, plus aucune femme dans le monde, n'ait honte d'être femme.

Pour vous dire vrai, à l'enfance et surtout à l'adolescence, je n'ai jamais rêvé de mariage, de prince charmant, de robe longue, de grande maison, d'enfants et de famille. Les quelques mariages auxquels j'avais assisté, en Algérie, me faisaient sentir que la femme était un objet bien plus qu'un sujet. Inutile de vous préciser que ma perspective était ultraminoritaire, car les femmes sont formatées à devenir des épouses puis des mères dès l'enfance. Je devais avoir, quoi, cinq, six, peut-être sept ans tout au plus, lorsqu'on me somma de rejoindre ma grand-mère dans la cuisine, car ma place naturelle était à mi-distance entre les fourneaux et la buanderie, de façon à pouvoir faire éclater mes talents de cuisinière et de ménagère le moment venu.

En 1984, l 'Algérie adopte un code de la famille inspiré de la charia islamique. J'ai 12 ans à cette époque. Brièvement, ce code exige de l'épouse d'obéir à son mari et à ses beaux-parents, permet la répudiation, la polygamie, destitue la femme de son autorité parentale, permet à l'époux de corriger sa femme et en matière d'héritage comme de témoignage, l'inégalité est érigée en système puisque la voix de deux femmes équivaut à celle d'un homme tout comme les parts d'héritage.

Question : L'Algérie est-elle devenue musulmane en 1984 ?

Réponse : Je vous la donnerai pendant le débat tout à l'heure si vous le souhaitez.

Pour ce qui est de la laïcité, j'ai compris sa nécessité lorsque, au tout début des années 1990, le Front
islamique du salut (FIS) a mis à genoux mon pays l'Algérie par le feu et par le sang en assassinant des
milliers d'Algériens. Aujourd'hui, on est forcé de constater que les choses n'ont pas tellement changé.

Trop de femmes dans le monde se font encore humilier, battre, violenter, répudier, assassiner, brûler,
fouetter et lapider. Au nom de quoi ? De la religion, de l'islam en l'occurrence et de son instrumentalisation.
Pour refuser un mariage arrangé, le port du voile islamique ou encore pour avoir demandé le divorce, porté un pantalon, conduit une voiture et même avoir franchi le seuil de la porte sans la permission du mâle, des femmes, tant de femmes subissent la barbarie dans leur chair... Je pense en particulier à nos sœurs iraniennes qui ont défilé dans les rues de Téhéran pour faire trembler l'un des pires dictateurs au monde : Ahmadinejad. Je pense à *Neda*, cette jeune Iranienne assassinée à l'âge de 26 ans. Nous avons tous vu cette image de Neda gisant sur le sol, le sang dégoulinant de sa bouche.. Je pense à *Nojoud Ali*, cette petite Yéménite de 10 ans, qui a été mariée de force à un homme qui a trois fois son âge et qui s'est battue pour obtenir le droit de divorcer. et qui l'a obtenu. Je
pense à*Loubna Al-Hussein* qui a fait trembler le gouvernement de Khartoum l'été dernier à cause de sa tenue vestimentaire..

La pire condition féminine dans le globe, c'est celle que vivent les femmes dans les pays musulmans. C'est un fait et nous devons le reconnaître.. C'est cela notre première solidarité à l'égard de toutes celles qui défient les pires régimes tyranniques au monde. Qui oserait dire le contraire ? Qui oserait prétendre l'inverse ? Les islamistes et leurs complices ? Certainement. Mais pas seulement.

*Il y a aussi ce courant de pensée relativiste qui prétend qu'au nom des cultures et des traditions nous devons accepter la régression, qui confine l'autre dans un statut de victime perpétuelle et nous culpabilise pour nos choix de société en nous traitant de racistes et d'islamophobes lorsque nous défendons l'égalité des sexes et la laïcité. C'est cette même gauche qui ouvre les bras à Tarik Ramadan pour se pavaner de ville en ville, de plateau de TV en plateau de TV et cracher sur les valeurs de la République.*

Sachez qu'il n'y a rien dans ma culture qui me prédestine à être éclipsée sous un linceul, emblème ostentatoire de différence Rien qui me prédétermine à accepter le triomphe de l'idiot, du sot et du lâche, surtout si on érige le médiocre en juge. Rien qui prépare mon sexe à être charcuté sans que ma chair en suffoque. Rien qui me prédestine à apprivoiser le fouet ou l'aiguillon. Rien qui me voue à répudier la beauté et le plaisir. Rien qui me prédispose à recevoir la froideur de la lame rouillée sur ma gorge. Et si c'était le cas, je renierais sans remords ni regret le ventre de ma mère, la caresse de mon père et le soleil qui m'a vu grandir.

L'islamisme politique n'est pas l'expression d'une spécificité culturelle, comme on prétend ça et là. C'est
une affaire politique, une menace collective qui s'attaque au fondement même de la démocratie en faisant la promotion d'une idéologie violente, sexiste, misogyne, raciste et homophobe.

Nous avons vu de quelle façon les mouvements islamistes, avec la complicité, la lâcheté et le soutien de certains courants de gauche cautionnent la régression profonde qui s'est installée au cour même de nos villes. Au Canada, nous avons tout de même failli avoir les tribunaux islamiques. En Grande-Bretagne c'est déjà la norme dans plusieurs communautés. D'un bout à l'autre de la planète, le port du voile islamique se répand et se banalise, il devient même une alternative acceptable aux yeux de certains car c'est tout de même mieux que la burqa!

Que dire de la démission des démocraties occidentales sur des enjeux primordiaux à la base du vivre-ensemble et de la citoyenneté tels que la défense de l'école publique, des services publics et de la neutralité de l'État ?

Que dire des reculs en matière d'accessibilité à l'avortement ici même en France ?

Tout ça pour dire qu'il est toujours possible de faire avancer les sociétés grâce à notre courage, notre
détermination et à notre audace. Je ne vous dis pas que ce sont là des choix faciles. Loin de là. Les chemins de la liberté sont toujours des chemins escarpés. Ce sont les seuls chemins de l'émancipation humaine, je n'en connais pas d'autres.

Cette merveilleuse page d'histoire, de NOTRE histoire, nous enseigne que subir n'est pas se soumettre. Car par-delà les injustices et les humiliations, il y a aussi les résistances. Résister, c'est se donner le droit de choisir sa destinée. C'est cela pour moi le féminisme. Une destinée non pas individuelle, mais collective pour la dignité de TOUTES les femmes. C'est ainsi que j'ai donné un sens à ma vie en liant mon destin de femme à tous ceux qui rêvent d'égalité et de laïcité comme fondement même de la démocratie.
L'histoire regorge d'exemples de religions qui débordent de la sphère privée pour envahir la sphère publique et devenir la loi. Dans ce contexte, les femmes sont les premières perdantes. Pas seulement. La vie, dans ses multiples dimensions, devient soudainement sclérosée lorsque la loi de Dieu se mêle à la loi des hommes pour organiser les moindres faits et gestes de tous. Il n'y a plus de place pour les avancées scientifiques, la littérature, le théâtre, la musique, la danse, la peinture, le cinéma, bref la vie tout simplement. Seuls la régression et les interdits se multiplient. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai une aversion profonde à l'égard des intégrismes quels qu'ils soient, car je suis une amoureuse de la vie.

Rappelez-vous une chose : lorsque la religion régit la vie de la cité, nous ne sommes plus dans l'espace du possible, nous ne sommes plus dans le référentiel des doutes, nous ne sommes plus dans le repère de la Raison et de la rationalité si chères aux Lumières. Séparer l'espace public de l'espace privé en réaffirmant la neutralité de l'État me semble indispensable, car seule la laïcité permet de se doter d'un espace commun, appelons-le un référentiel citoyen, loin de toutes croyances et de toutes les incroyances, pour prendre en main la destinée de la cité. Avant de conclure, permettez-moi de partager avec vous une lettre destinée à l'un de vos élus.

J'ai longuement hésité avant de vous écrire. Peut-être, par peur d'être perçue comme celle venue d'ailleurs qui fait indélicatement irruption dans les « affaires françaises ». Au diable les convenances, je n'ai jamais été douée pour la bienséance surtout lorsqu'elle est au service des plus forts, des plus puissants et des plus arrogants. Puis, s'il avait fallu que je vive en fonction du regard des autres, je n'aurais rien fait de ma vie ou si peu. Lorsqu'il s'agit des droits des femmes, nulle convenance ne doit primer sur l'essentiel.
L'essentiel étant : la liberté, l'égalité et l'émancipation des femmes. J'entends encore des copines françaises me dirent avec insistance : parle-lui, dis-lui, écris-lui. Étrangement, leurs propos me rappellent le titre de ce magnifique film d'Almodovar /Parle avec elle/ où dès les premiers instants, le rideau se lève furtivement, pendant quelques secondes, sur un spectacle de danse, mettant en scène le corps d'une femme, celui de Pina Bausch. Elle qui exprimait si bien dans ses chorégraphies crûment
la violence exercée à l'encontre des femmes.

Monsieur Gérin, c'est à vous que je m'adresse, je voudrais vous parler, vous dire la peur que j'ai connu
le 25 mars 1994 alors que j'habitais à Oran, en Algérie et que le Groupe islamique armé (GIA) avait ordonné aux femmes de mon pays le port du voile islamique. Ce jour-là, j'ai marché la tête nue ainsi que des millions d'autres Algériennes.. Nous avons défié la mort. Nous avons joué à cache-cache avec les sanguinaires du GIA et le souvenir de Katia Bengana, une jeune lycéenne âgée de 17 ans assassinée le 28 février 1994 à la sortie de son lycée planait sur nos têtes nues.
Il y a des événements fondateurs dans une vie et qui donnent une direction particulière au destin de tout un chacun. Celui-là, en est un pour moi. Depuis ce jour-là, j'ai une aversion profonde pour tout ce qui est hidjab, voile, burqa, niqab, tchador, jilbab, khimar et compagnie. Or, aujourd'hui vous êtes à la tête d'une commission parlementaire chargée de se pencher sur le port du voile intégral en France.
En mars dernier, je publiais au Québec, un livre intitulé /Ma vie à contre-Coran/ : une femme témoigne
sur les islamistes. Dès les premières phrases, je donnais le ton de ce qu'est devenue ma vie en termes
d'engagements politiques en écrivant ceci : « J'ai vécu les prémisses d'une dictature islamiste. C'était au
début des années 1990. Je n'avais pas encore 18 ans. J'étais coupable d'être femme, féministe et laïque. » Je dois vous avouer que je ne suis pas féministe et laïque par vocation, je le suis par nécessité, par la force des choses, par ces souffrances qui imprègnent mon corps car je ne peux me résoudre à voir l'islamisme politique gagner du terrain ici même et partout dans le monde. Je suis devenue féministe et laïque à force de voir autour de moi des femmes souffrir en silence derrière des
portes closes pour cacher leur sexe et leur douleur, pour étouffer leurs désirs et taire leurs rêves.

Il fut un temps où on s'interrogeait en France sur le port du voile islamique à l'école. Aujourd'hui, il est
question de voile intégral. Au lieu d'élargir la portée de la loi de 2004 aux établissements universitaires,
nous débattons sur la possibilité de laisser déambuler dans nos rues des cercueils. Est-ce normal ? Demain, peut-être c'est la polygamie qui sera à l'ordre du jour. Ne riez pas. Cela s'est produit au Canada et il a fallu que les cours (de justice) s'en mêlent. Car après tout la culture à bon dos lorsqu'il s'agit d'opprimer les femmes. Ironie du sort, j'ai constaté dans plusieurs quartiers que les jupes se rallongent et disparaissent peu à peu. La palette des couleurs se réduit. Il est devenu banal de camoufler son corps derrière un voile et porter une jupe, un acte de résistance. C'est tout de
même une banlieue française qui est le théâtre du film /La Journée de la jupe./ Alors que dans les rues de Téhéran et de Khartoum, les femmes se découvrent de plus en plus, au péril de leur vie, dans les territoires perdus de la République française, le voile est devenu la norme.
Que se passe-t-il ? La France est-elle devenue malade ?
Le voile islamique est souvent présenté comme faisant partie de « l'identité collective musulmane ». Or, il n'en est rien. Il est l'emblème de l'intégrisme musulman partout dans le monde. S'il a une connotation particulière, elle est plutôt politique surtout avec l'avènement de la révolution islamique en Iran en 1979.

Que l'on ne s'y trompe pas, le voile islamique cache la peur des femmes, de leur corps, de leur liberté et de leur sexualité. Pire encore, la perversion est poussée à son paroxysme en voilant des enfants de moins de cinq ans. Il y a quelques temps, j'essayais de me rappeler à quel moment précisément, en Algérie, j'ai vu apparaître ce voile dans les salles de classe. Pendant mon enfance et jusqu'à mon entrée au lycée, c'est-à-dire en 1987, le port du voile islamique était marginal autour de moi. À
l'école primaire, personne ne portait le hidjab, ni parmi les enseignants, ni surtout parmi les élèves.

Voilà 12 ans que j'habite au Québec dont la devise inscrite sur les plaques d'immatriculation des voitures est « Je me souviens ». A propos de mémoire, de quoi la France devrait-elle se souvenir ? Quelle est porteuse des Lumières. Que des millions de femmes se nourrissent des écrits de Simone de Beauvoir dont le nom est indissociable de celui de Djamila Boupacha. C'est peu dire. Il ne fait aucun doute pour moi que la France est un grand pays et ceci vous confère des responsabilités et des devoirs envers nous tous, les petits. C'est d'ailleurs pour cela qu'aujourd'hui, tous les regards
sont tournés vers votre commission et que nous attendons de vous que vous fassiez preuve de courage et de responsabilité en interdisant le port de la burqa.

Pour notre part au Québec, on se souvient qu'en 1961, pour la première fois dans l'histoire, une femme, une avocate de surcroît, est élue à l'Assemblée législative lors d'une élection partielle. Son nom est Claire Kirkland et elle deviendra ministre. En invoquant un vieux règlement parlementaire qui exigeait des femmes le port du chapeau pour se présenter à l'Assemblée législative, on la force à se couvrir la tête pendant les sessions. Elle refuse. C'est le scandale. Un journal titre : « Une femme nu-tête à l'Assemblée législative ! » Elle résiste et obtient gain de cause.

Il faut comprendre par là que nos droits sont des acquis fragiles à défendre avec acharnement et qu'ils sont le résultat de luttes collectives pour lesquelles se sont engagés des millions de femmes et d'hommes épris de liberté et de justice. J'ose espérer, monsieur Gérin, que la commission que vous présidez tiendra compte de tous ces sacrifices et de toutes ces aspirations citoyennes à travers le monde et les siècles.

A vous chers amis, s'il y a une chose, une seule, que je souhaiterais que vous reteniez de ces quelques mots, c'est la suivante. Entre une certaine gauche démissionnaire, le racisme de l'extrême droite et le laisser-faire et la complicité des gouvernements nous avons la possibilité de changer les choses, plus encore nous avons la responsabilité historique de faire avancer les droits des femmes. Nous sommes, en quelque sorte, responsables de notre avenir et de celui de nos enfants.
Car il prendra la direction que nous lui donnerons. Nous, les citoyens. Nous, les peuples du monde.. Par nos gestes, par nos actions et par notre mobilisation. Toutes les énergies citoyennes sont nécessaires d'un pays à l'autre au-delà des frontières.. L'avenir nous appartient. La femme est l'avenir de l'homme disait Aragon. S'agissant d'homme, je veux en saluer un présent aujourd'hui, c'est mon père à qui je dois tout..

Et je finirai par une citation de Simone de Beauvoir : «On a le droit de crier mais il faut que ce cri soit
écouté, il faut que cela tienne debout, il faut que cela résonne chez les autres. » J'ose espérer que mon cri aura un écho parmi vous.


*Djemila Benhabib*


Lettre lue au Palais du Luxembourg, le vendredi 13 novembre 2009, lors de la journée "Femmes debout", organisée par Femmes Solidaires et la Ligue du Droit International des Femmes